CNRD - Centre National de Ressources de lutte contre la Douleur

Amélioration de la prise en charge de la douleur provoquée par les soins


image ellipse

Urgences

Nous sommes le: 26/03/2019

lundi 19 septembre 2016

L’hypnose aux urgences

Tout pourrait laisser croire que la pratique de l’hypnose thérapeutique dans un service d’urgences est hautement improbable. En effet, cette méthode permet de focaliser l’attention du patient sur un objet agréable au moyen de suggestions et de la détourner de l’environnement direct, mais pas seulement… L’essentiel est d’établir une relation de confiance, de se synchroniser et de s’adapter au patient.

L’hypnose est de plus en plus pratiquée à l’hôpital en particulier en pédiatrie, mais pas uniquement, pour soulager la douleur et l’anxiété en toute circonstance qu’il y ait un geste invasif ou non.

Au congrès Urgences 2016, des médecins du CHR de Metz-Thionville (Dr. N Guler, Dr. A. Laroui et Dr. S. Weber) affirment pourtant dans un article publié sur Medscape [1] que les urgences sont « l’endroit idéal pour pratiquer l’hypnose ». Dans le cadre des urgences, quelques exemples de soins et de situations pour lesquels l’hypnose peut être bénéfique :

- Les réductions de fractures et de luxation d’articulations
- Les sutures
- Les ponctions lombaires, pleurales,veineuses ….
- Les drains thoraciques
- Gestion du stress et de la douleur en toutes circonstances en pré-hospitalier ( ex : coronarien)
- Gestion du stress de l’appelant au centre 15.

Les médecins urgentistes expliquent qu’une séance d’hypnose réalisée dans le contexte des urgences reste durablement dans la mémoire des patients, qui peuvent réutiliser les ancrages [2] dans d’autres occasions de vie.
L’hypnose est donc, selon ces praticiens, un « outil de premier choix pour tout phénomène douloureux ou anxieux ». Elle modifie la relation médecin-patient, en apportant du confort au patient, celui-ci se sentant reconnu et entendu dans sa souffrance grâce à cette relation de confiance. Ce confort bénéficie également au praticien.

Pour étayer ces affirmations, des vidéos réalisées par l’équipe du CHR de Metz-Thionville…







[1] Stéphanie Lavaud. Pourquoi l’hypnose a largement sa place aux urgences. Medscape. 17 juin 2016.
[2] « Un ancrage consiste à lier un état interne à une situation physique. La technique d’ancrage consiste pour un sujet à réaliser un acte (faire un geste donné) pour retrouver, en autohypnose, l’état auquel l’acte a été au préalable lié. Par exemple, la fermeture d’un poing que l’on lie, associe, à un état de bien être ressenti au moment où le geste est effectué » - Source : Institut Français d’Hypnose, Lexique. Disponible sur http://www.hypnose.fr/hypnose/lexique-hypnose/ [consulté le 15/09/2016]

En savoir plus

Guillou Le Gouguec ,L. « 24 heures aux Urgences sous Hypnose. » [Mémoire : Diplôme Universitaire d’hypnose médicale et clinique] : Université de la Réunion 2015.
Disponible sur : http://www.hypnose.fr/wp-content/uploads/2016/03/Memoire-DU-Hypnose-lena-Guillou-Le-Gouguec.pdf [consulté le 15/09/2016]

Utilisation de l’IPAD aux urgences
http://pediadol.org/IMG/pdf/armengaud_real_ped_2013.pdf [consulté le 15/09/2016]

Radji M, Taleb A, Walczack KA, Benoit-Fallet H, Delmas J, Benhaiem JM, et al. L’apprentissage de l’hypnose présente-t-il un intérêt lors de l’enseignement du DES d’anesthésie-réanimation  ? Annales Françaises d’Anesthésie et de Réanimation. 2014 ;33, Supplement 2:A366-A7.

WOOD C, IGNACE I. L’hypnose aux urgences pédiatriques. Archives de pédiatrie. 2007 ;14(6):729-31.

VIROT C, BERNARD F, FAYMONVILLE M-E. Hypnose, douleurs aiguës et anesthésie. RUEIL-MALMAISON : ARNETTE ; 2010. 285 p.

Synthèse réalisée par Odile Perrin

laisser un commentaire pour cet article
Centre National de Ressources de lutte contre la Douleur
Unité Douleur, Hôpital d'enfants Armand Trousseau
26, av du Dr Arnold Netter - 75012 Paris
Tél : 01.44.73.54.21 - Fax : 01.44.73.54.22
secretariat.cnrd@trs.aphp.fr
Responsable Unité Douleur: Dr Daniel Annequin
Responsable du CNRD : Dr. Frédéric Maillard
Infirmière recherche clinique : Mme Patricia Cimerman
Documentaliste : Mme Odile Perrin